Jeudi 31 juillet 2008 4 31 /07 /Juil /2008 22:04

MELODIE EN SOUS SOL S'AGRANDI ET CHANGE D'ADRESSE

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Par Mélodie en sous sol
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Samedi 12 juillet 2008 6 12 /07 /Juil /2008 17:48
La Vie continue, non ?



Assise dans le tram, la tête contre la vitre, elle se devait de « continuer » ou de commencer à vivre sa vie… Sa mère le lui avait demandé et elle se devait de respecter sa volonté.
Tout était fini, elle pouvait reprendre le cours de sa petite vie.
Elle était en chemin pour se poser à une terrasse, comme avant, et à nouveau s’adonner à l’observation et l’écriture… et pourtant…
La mort de sa mère n’était pas tout à fait acquise pour Maëlle, bien qu’elle fût complice dans cet acte… La douleur lui fait l’effet d’un pansement au sel sur une plaie béante… C’est un véritable supplice de ressentir une douleur morale jusque dans ses tripes.
Ce jour est loin d’avoir été facile à vivre… elle venait tout juste de dire Adieu à sa mère… seule, personne à l’horizon… on dit que l’espoir fait mourir parfois, elle était certainement morte d’avoir trop espéré le retour de son père… !
Il ne s’était jamais senti à la hauteur de la vie que Judith allait devoir vivre, cette épée Damoclès, il avait choisi la fuite.
Elle a enterré sa mère comme elles ont toujours vécu, seules… Seules mais ensemble ! Ses amis lui avaient bien suggéré de tous se rassembler afin qu’elle ne soit pas « trop » seule ; l’union fait la force parait il, mais humblement elle s’était résolu à décliner cette offre. Seule dans la douleur pour être encore plus proche de sa mère et de ce qu’elle avait vécu. Elle se devait d’être forte, et de faire face.
L’homme d’église avait pourtant été exemplaire lors de la cérémonie, les bons mots, un sermon digne de ce nom qui donnait vraiment la chair de poule, une envie insoutenable de pleurer, bien que juste et soulageant. A ce moment elle se demandait comment pouvait on faire aussi mal avec des mots…

Assise à sa terrasse habituelle, elle était redevenue maître d’elle-même, de ses envies, de ses pensées.
Elle était à nouveau libre d’observer toute la population qui l’entourait… aussi éclectique qu’elle puisse être. Cela allait du couple BCBG, aux gothiques, aux familles « puzzles », en passant par les simples amis qui préféraient la terrasse tout à loisir s’en griller une…
Aujourd’hui pourtant, elle n’est pas en phase avec ce qu’elle pourrait voir et en tirer pour ses futurs écrits…

Elle repensa à la chanson de Julie Andrews, quand le chien mord, l’abeille pique… je me souviens que j’ai un petit ami et les choses me semblent un peu moins merdiques… enfin elle ne le disait pas tout à fait comme ça et de toutes façons Maëlle n’avait jamais eu le temps de se préoccuper de sa vie sentimentale ; elle avait bien sur vécu des choses, mais qui n’étaient que des moments sympa pour ne pas se sentir trop seule.
Aujourd’hui elle pouvait penser à ça à nouveau, rencontrer quelqu’un qui lui ferai oublier ces mauvais moments.
Et c’est alors qu’elle était plongée dans ce genre de pensées puériles et pathétique qu’un charmant jeune homme pris place face à elle… à aucun moment elle ne pouvait imaginer que cela changerai toute sa vie… Installé sans en avoir demandé l’autorisation, il commanda une bière blanche, comme Maëlle, et commença à lui parler…
« Avant que tu dises quoique ce soit, je t’en prie écoute moi jusqu’à la fin… d’abord je tiens à te présenter mes condoléances pour ta mère… »
A ce moment Maëlle voulait comprendre qui était son interlocuteur et comment il était au courant, mais il lui fit signe de se taire… et surtout de l’écouter.
« Maëlle, on vient de se rencontrer, mais cela fait longtemps que je te connais et que je t’observe, on a beaucoup de choses en commun et l’une d’entre elle n’est pas négligeable, nous avons le même père… quand il a quitté ta mère c’était en fait parce que la mienne était enceinte de moi, et qu’il pensait qu’il y avait beaucoup plus de choses à vivre avec une femme bien vivante… En février dernier, il nous a quitté, emporté par l’alcool qui le dévorait depuis longtemps… »
Maëlle se sentit d’un coup prise d’un sanglot qu’elle était loin d’imaginer, elle ne le connaissait pas, ne l’avait jamais revu depuis son premier anniversaire, mais la Tristan lui avait annoncé qu’elle ne le reverra jamais, en l’espace d’une semaine, c’est comme si elle avait perdu ses deux parents…
Il la prit dans ses bras, bien que choquée elle le remercia…
Il lui expliqua qu’avant de mourir il lui avait raconté l’histoire de sa sœur, elle. Et qu’il lui avait fait la promesse de faire tout son possible pour se rapprocher d’elle, c’est le but, non ?lorsqu’on a des frères et sœurs, de vivre avec eux…
Ils avaient des millions de choses à se dire, ils devaient faire connaissance et rattraper toutes ces années de mensonges perdues…

Alors la vie continue, OUI, mais plus jamais comme avant…

Iféposse.



Par Mélodie en sous sol
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Samedi 12 juillet 2008 6 12 /07 /Juil /2008 16:28
Du même auteur. ( ébauche )


 Nouveau chapitre. Point à la ligne. Chercher. Creuser pour trouver la phrase qui se suffit à elle même. Courte, concise. La phrase qui colle au papier. Lutte à mort. Pulsion ivre. Éviter la panne. Pas d'impuissance. Le viagra littéraire n'existe pas encore. Nouvelle page. Blanche. Du même auteur. Je transpire un peu. Mes mains trembles. Ma littérature, c'est quoi ? J'hésite. Quel intérêt ? Trouver une phrase. Quelques mots. Ponctuée. Sobre. Humble. Ma littérature.
 Ce serait un peu de tout. Un peu de philosophie, de la barbe. Des vers. De longues promenades, les yeux mi-clos, comme en se laissant porter par le courant du temps. Un peu de la solitude enfin retrouvée quand mes yeux s'ouvrent sur un livre. Prendre le temps des lettres. 
 Ce serait un poète qui tire au fusil sur son amant. Boris Vian qui connaissait trop tôt la date de sa mort. Molière qui s'effondre dans les coulisses d'un théâtre. La cigüe de Socrate. La cellule de Wilde, celle de Sade. Celle des autres. Nerval qui se pend à un lampadaire. Artaud devenu fou. Kant disant, sur son lit de mort «  c'est suffisant ».
 Ce serait Sollers qui joue Diderot, aux bras de deux femmes, dans les jardins du Palais Royal. Céline à son bureau, son « atelier », plus intéressé par son perroquet que par les questions de Jean Prat. Sartre et Camus, à la terrasse d'un café. Tandis que Sartre use de son érudition, de sa culture, de sa présence, et en fait trop pour séduire deux jeunes femmes, Camus, qui n'a besoin que sa seule beauté lui dit «  que faites-vous ? ». Sartre, souriant répond « t'as vu ma gueule ?!»
 Ce serait le temps des libertins érudits. De Montaigne, faisant les cent pas dans son donjon, dictant « Les essais ». Sa chute à cheval, sa goutte. Ce serait J.D Salinger, quittant le monde, devenant hermite. Des cascades de crânes au fil de pages. Un film de Godard. Breton. Picasso. Les jupes des filles. Sasha. Un fume cigarette, une tache d'encre. Une plaie ouverte. L'odeur de l'encre mêlée à celle du papier gras. Une voix, en sourdine, qui raconte. 
 Ce serait Mme de Rénal, la perruque de Rousseau. Un tableau horrible au fond d'une galerie d'art. L'ombre d'un arbre. De l'écume, une vague, une tempête. Un roi de France accroc au sexe. Une paire de lunettes. Gide le pédéraste. Kafka. Dostoïesvki. Des maudits. Des cadavres à plumes. Joe Fante. Jane Austen ? Beckett inspiré par une biographie de Descartes. Nietzsche détestant Wagner.
 Ce serait Malraux et ses tics d'aboiement. Kerouac sur les routes d'Amérique. Balzac écrivant 95 romans entre 1829 et 1847. La mère de Verlaine gardant les foetus de ses fausses couches dans des bocaux, sur la cheminée du salon. Bukowski au mariage zen. Richard Millet et son goût des femmes laides. Mr. Bovary pleurant sa femme deux fois. Brel. Chaplin.
 Ce serait une petite lumière de chevet, une pile de livres anciens. Le cuir d'une couverture, la poussière bienveillante qui les protège. Les larmes qui surviennent, à l'approche du point final. Il faut toujours un point final.


                                                                                                                                                          Perago

Par Mélodie en sous sol - Publié dans : chroniques
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